La salle à manger

Categories Hauteville, visite

Charles Hugo dans son livre Chez Victor Hugo par un passant, publié en 1864, a gardé le souvenir de Hauteville House telle que son père venait de l’aménager. Dans cet extrait il décrit la salle à manger :

« Le repas important par la conversation et par sa durée,  c’est le déjeuner. – A onze heures tout le monde arrive à la fois ; rarement il se voit un retardataire. Victor Hugo est des premiers, et rien n’est plus simple  ni plus patriarcal que ses façons d’agir. A le voir arriver vêtu tout de drap gris, coiffé d’un feutre gris, les deux mains gantées de laine, on le prendrait pour un fermier venant siéger au repas de la ferme, si ce n’étaient la grâce de son salut et les délicates attentions de sa parole.

http://parismuseescollections.paris.fr/fr/maison-de-victor-hugo/oeuvres/la-salle-a-manger-hauteville-house-mercredi-18-fevrier-1998-10h#infos-principales

Une fois à table, on ne saurait s’acquitter plus consciencieusement des devoirs du maître de maison. C’est lui qui fait les parts et les distribue à chaque convive, observant avec la dernière rigueur l’ordre de la plus stricte étiquette ; l’étranger se trouve être le premier. […]
Les murs sont recouverts non plus de tapisseries ou de bois sculpté, mais de magnifiques faïences de Hollande du XVIIe siècle. Que l’on imagine une immense mosaïque représentant de gros bouquets de fleurs peintes avec minutie et jetées dans des vases capricieux, puis des animaux bizarres où éclate l’esprit des imaginations grotesques de la Hollande chinoise.  Cette mosaïque à fond blanc et bleu s’appuie sur un soubassement de chêne qui forme trois stalles massives historiées de vénérables peintures sur panneaux ; ce qui donne à la salle à  manger l’aspect d’un de ces anciens réfectoires de couvent ou les bons moines de Rabelais jeûnaient avec force poulardes, et célébraient, en riant, la divinité de la bouteille. Une glace à biseaux, surmontée d’un petit enfant endormi ciselé dans le cuivre, ravive encore cette cuirasse d’émail que deux grandes fenêtres ouvertes sur le jardin envahissent de leur lumière.

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Et maintenant, ajoutez une cheminée construite en carreaux violets et bleus, une de ces cheminées comme en avaient nos aïeux, faites pour donner confiance aux plus robustes appétits, – au plafond une tapisserie des Gobelins représentant, avec son écrin de couleurs, les richesses de l’été, – et vous comprendrez que l’on s’attarde volontiers à la table du poëte. […]
Il ne nous appartient pas de décrire en entier un fauteuil de chêne, toujours vide, qui est adossé au mur et placé au haut bout de la table. Victor Hugo y voit la place des aïeux au repas de la famille. Une chaîne a fermé ce fauteuil que porte, entre autres inscriptions, celle-ci :
Les absents sont là. »

Cheminée de la salle à manger de Hauteville House – Victor Hugo à retrouver sur http://parismuseescollections.paris.fr/fr/node/210094#infos-principales
Salle à manger – Hauteville House – Visit Guernsey